Le cancer de la thyroïde se
développe habituellement sous la forme d’un nodule situé au
sein de la glande thyroïde qu’elle soit de taille normale
ou augmentée (goître). C'est un cancer rare, plus fréquent
chez les sujets jeunes dont le pronostic est bon dans sa forme
papillaire puisque la guérison se produit dans 90 %
des cas.
Le cancer de la thyroïde est
un cancer rare. Il représente environ 1% des cancers survenant
dans la population générale en France. Son incidence annuelle
est faible soit environ 2,5 pour 100 000 personnes.
Le réseau "Francim" des registres
du cancer, mis en place afin de suivre l'évolution de l’incidence
et analyser le rôle de l’accident de Tchernobyl, a procédé
à une actualisation des données sur le cancer de la thyroïde.
Cette actualisation qui porte sur la période 1978-1997 indique
notamment que l’augmentation des cancers de la thyroïde est
de l'ordre de 6,2 % par an chez l’homme et de 8,1 % par an
chez la femme.
La prévalence du nodule
thyroïdien est variable selon les moyens de dépistage.
Il est plus fréquent chez la femme, le sujet âgé, les
sujets vivant en zone de carence iodée ou ayant subi une irradiation
de la région cervicale durant l'enfance mais ces nodules sont
bénins dans plus de 90 % des cas. Les sujets jeunes
sont plus exposés au développement du cancer
du fait d'une plus grande sensibilité de la thyroïde à l'irradiation.
La classification de la maladie
est importante car de sa détermination découle
l'attitude diagnostique et thérapeutique.
1/ Classification
TNM
Tumeur
primitive:
T0 : pas de tumeur palpable
T1 : tumeur unique limitée à un lobe ou à l'isthme, mobilité intacte, pas de déformation de la glande
T2 : tumeur unique ou multiple déformant la glande, mobilité intacte
T3 : tumeur dépassant la glande ou fixée ou avec infiltration périphérique
T1 : tumeur unique limitée à un lobe ou à l'isthme, mobilité intacte, pas de déformation de la glande
T2 : tumeur unique ou multiple déformant la glande, mobilité intacte
T3 : tumeur dépassant la glande ou fixée ou avec infiltration périphérique
Adénopathies
cervicales:
N0
: pas d'adénopathie palpable
N1 : un ou plusieurs ganglions, palpables, mobiles, homolatéraux
N2 : ganglions controlatéraux et/ou bilatéraux, mobiles
N3 : un ou plusieurs ganglions fixés
N1 : un ou plusieurs ganglions, palpables, mobiles, homolatéraux
N2 : ganglions controlatéraux et/ou bilatéraux, mobiles
N3 : un ou plusieurs ganglions fixés
Métastases
viscérales :
M0
: pas de métastases décelables
M+ : métastase décelée
M+ : métastase décelée
2/ Classification
histologique
Suivant la classification histologique
internationale, on distingue quatre types histologiques principaux
de carcinome de la thyroïde :
- Les épithéliomas papillaires,
- les épithéliomas vésiculaires (ou folliculaires, terme anglo-saxon),
- les épithéliomas médullaires,
- les épithéliomas anaplasiques (ou indifférenciés).
Ces tumeurs peuvent être
solitaires ou multifocales.
Les cancers papillaires sont
les plus fréquents. Ils prédominent chez les sujets
jeunes et représentent environ 80 % des cancers thyroïdiens.
Les cancers vésiculaires
représentent environ 10 % des cancers thyroïdiens
et sont surtout fréquents autour de la quarantaine.
Les cancers papillaires et
vésiculaires représentent le groupe des cancers thyroïdiens
différenciés radiosensibles. Ils sécrètent de la Thyroglobuline.
Les cancers médullaires
représentent 5 % des cancers thyroïdiens et correspondent
à une tumeur des cellules C ou parafolliculaires issues de
la crête neurale. Les cellules C sécrètent la calcitonine,
dont le dosage immunologique dans le plasma est un excellent
marqueur de ce type de cancer.
Les cancers anaplasiques ou
indifférenciés sont rares (moins de 5 % des cas) et d’une
gravité extrême.
Il existe d'autres types histologiques
beaucoup plus rares : épithélioma métaplasique
malpighien, sarcome conjonctif, lymphome...
Sources : Institut de Veille Sanitaire - Surveillance
épidémiologique des cancers thyroïdiens.
Le facteur de risque le plus
reconnu est celui de l'irradiation externe de la thyroïde
à l'âge adulte et dans l'enfance. D'autres facteurs
ont été évoqués mais aucun d’entre
eux ne possède un rôle causal clairement établi dans les cancers
thyroïdiens. On signale notamment :
- Le goître endémique par carence iodée.
- L'alimentation : le risque
légèrement augmenté par consommation de poissons ou de fruits
de mer dans les zones sans carence iodée. Les crucifères
contiennent des composés pouvant intervenir dans
le métabolisme thyroïdien.
- Certains médicaments, comme le pentobarbital, la griséofulvine, la spironolactone, ont été incriminés dans le cancer de la thyroïde.
- Facteurs professionnels : on a pu noter une augmentation de risque pour certaines professions exposées aux rayons X, et chez les femmes de marins-pêcheurs en Norvège (consommation de poissons ou de fruits de mer).
- Facteurs individuels : Facteurs hormonaux et reproductifs chez la femme - maladies thyroïdiennes (la présence d’un goître ou de nodules thyroïdiens est très fortement associée au risque de cancer thyroïdien, la thyroïdite d'Hashimoto semble aussi être un facteur favorisant l'apparition des lymphomes thyroïdiens).
- Facteurs familiaux : les formes familiales de cancer sont bien décrites pour les rares formes médullaires du cancer de la thyroïde, dans le cadre du syndrome MEN (multiple endocrine neoplasia).
La forme clinique la plus fréquente
du cancer de la thyroïde est le nodule thyroïdien isolé. Le
diagnostic positif de nodule repose sur la palpation cervicale
qui permettra de rechercher des éléments suspects de malignité
comme un nodule irrégulier et dur.
La palpation permet également d'apporter des informations sur la forme et le volume de la glande thyroïde, d'apprécier la consistance du tissu thyroïdien, sa sensibilité éventuelle, ainsi que la mobilité d'une formation thyroïdienne par rapport au tissu adjacent. Les aires ganglionnaires cervicales et sus-claviculaires doivent être systématiquement examinées.
La palpation permet également d'apporter des informations sur la forme et le volume de la glande thyroïde, d'apprécier la consistance du tissu thyroïdien, sa sensibilité éventuelle, ainsi que la mobilité d'une formation thyroïdienne par rapport au tissu adjacent. Les aires ganglionnaires cervicales et sus-claviculaires doivent être systématiquement examinées.
En plus de l'anamnèse
et de la palpation, le diagnostic différentiel se fait
à l'aide des examens paracliniques :
- Le bilan biologique. Le dosage de la thyréostimuline (TSH) donne une information indirecte sur la fonction thyroïdienne. La calcitonine est un bon marqueur des cancers thyroïdiens de type médullaires.
- La cytoponction à l'aiguille fine (CAF). Réalisée par un cytologiste expérimenté, c'est l'examen le plus fiable et le moins invasif pour distinguer les nodules malins des nodules bénins avec une spécificité et une sensibilité d'au moins 95%.
- L'échographie permet la description d'un nodule suspecté à la palpation : situation au sein de la glande, mesures, caractère solide, liquidien ou mixte, échogénicité, caractère isolé ou associé à d'autres nodules.
- La scintigraphie est indiquée lorsqu'il existe des signes d'hyperthyroïdie, à la recherche d'un nodule toxique. Elle ne représente pas une nécessité lorsque le nodule est infracentimétrique.
1/ La chirurgie
En présence d'un nodule
thyroïdien malin, le traitement de base est la chirurgie.
Elle comporte au minimum l'ablation du lobe porteur de la
lésion et l'isthme adjacent. Le traitement du cancer médullaire
de la thyroïde nécessite un geste spécifique consistant en
une thyroïdectomie totale avec au minimum un curage ganglionnaire
du compartiment central. Dans tous les cas, ces gestes doivent
être pratiqués par un chirurgien entraîné.
Les complications, hypoparathyroïdie ou paralysie récurrentielle,
sont rares.
2/ L'iode 131
S'il persiste du tissu fonctionnel
résiduel, une dose de 1,11 à 3,7 GBq (30 à 100 mCi) d'iode
131 est administrée en chambre isolée, 4 à 6 semaines
aprés une thyroïdectomie totale, afin de le stériliser en
totalité.
40 % environ des métastases des cancers thyroïdiens fixent l'iode et peuvent donc être traités par cette méthode.
40 % environ des métastases des cancers thyroïdiens fixent l'iode et peuvent donc être traités par cette méthode.
3/ Le traitement
hormonal
Après thyroïdectomie totale
et stérilisation de la thyroïde par l'iode 131, on administre
de la thyroxine, hormone inhibitrice de la sécrétion de la
TSH. Le dosage est de 100 à 200 mg/j suivant l'état
clinique du patient.
Cette hormonothérapie permet également d'assurer un équilibre thyroïdien satisfaisant sur le plan fonctionnel.
Cette hormonothérapie permet également d'assurer un équilibre thyroïdien satisfaisant sur le plan fonctionnel.
Pour les cancers papillaires
et vésiculaires, une surveillance sera réalisée tous les 6
mois pendant 2 ans puis tous les ans à vie. Elle consiste
d'une part en un examen clinique de la région cervicale et
d'autre part en un dosage des hormones thyroïdiennes et de
la TSH qui doit être indosable et un dosage de la thyroglobuline
qui doit être effondrée. En cas d'élévation
de la thyroglobuline, une scintigraphie corps entier à l'iode
131 après arrêt du traitement hormonal, permettra de rechercher
des localisations secondaires fixant l'iode radioactif. Celles-ci
seront traitées par une dose thérapeutique d'iode.
La surveillance des cancers
médullaires de la thyroïde nécessite un
examen clinique régulier et des dosages de l'antigène carcino-embyronnaire
et de la calcitonine.
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