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Cancer de la prostate : moyens de prévention, causes et symtômes

21.2.12

La prostate saine est approximativement de la taille d'une noix. Elle est très petite à la naissance et prend du volume lors de la puberté. Cette glande va subir une seconde période de croissance après l'âge de 60 ans. Elle entoure l'urètre et est située sous la vessie, à proximité des voies urinaires et génitales. Cet organe peut être victime de diverses affections : l'infection de la prostate ou prostatite, l'adénome de la prostate ou hypertrophie bénigne et le cancer de la prostate. Le cancer de la prostate est un cancer fréquent touchant exclusivement l'homme. 

L'hérédité semble être un facteur de risque. L'alimentation est également mise en cause. Les origines ethniques pourraient avoir des incidences puisque le cancer de la prostate est rare en Asie du Sud et en Extrême-Orient, plus commun en Europe et encore plus fréquent aux Etats-Unis, notamment au sein de la population noire américaine. Très souvent, le cancer de la prostate évolue sans le moindre symptôme. Lorsqu'il y a des symptômes, c'est que la maladie est le plus souvent à un stade avancé. A un stade localement évolué, le cancer de la prostate peut entraîner des troubles urinaires : difficultés à uriner, sang dans les urines et envies fréquentes d'uriner. A un stade très avancé, le patient peut avoir des douleurs au niveau de l'anus et du rectum, une rétention aiguë d'urine, une impuissance ou des coliques néphrétiques. Au stade des métastases, il peut engendrer des douleurs osseuses, une altération de l'état général, une grande fatigue et un dégoût des aliments avec une perte de poids. Souvent la maladie est dépistée lors d'une visite chez le généraliste qui réalise un toucher rectal. Bien que controversé, le dépistage par le dosage sanguin des PSA (Prostatic Specific Antigen) est souvent proposé.

Son degré d'élévation est proportionnel à l'extension du cancer, de sorte que le taux de PSA donne une idée de la diffusion du cancer. En cas de soupçon, par exemple si la prostate contient un ou plusieurs nodules durs dont les contours sont irréguliers, on peut confirmer le cancer de prostate en pratiquant une biopsie, c'est à dire en enlevant un morceau de la prostate et en l'examinant au microscope. En cas de résultat positif, il est nécessaire d'effectuer un bilan de l'extension du cancer avant de proposer un traitement.

Ce bilan prévoit un scanner abdominal et pelvien (à la recherche d'une diffusion ganglionnaire) et une scintigraphie osseuse (en cas de suspicion de métastases osseuses ou lorsque le PSA est très élevé). Le cancer de la prostate se soigne par la chirurgie c'est à dire par l'ablation de la prostate (Prostatectomie radicale) et par radiothérapie externe qui consiste à envoyer des rayons depuis l'extérieur du corps. Ces deux traitements donnent de bons résultats en terme de guérison mais possèdent des complications comme l'impuissance et le risque d'incontinence, auxquelles s'ajoutent les complications liées aux rayons. La thérapie hormonale est utilisée en cas de cancer avancé ou avec métastases. Parfois la chimiothérapie est proposée ou une combinaison des différentes méthodes. L'âge, la santé générale de l'homme et le niveau d'évolution de la maladie permettent de déterminer le traitement le plus approprié. La Brachythérapie, qui consiste à implanter dans la prostate des grains radioactifs qui vont détruire les cellules cancéreuses, a fait la preuve de son efficacité aux Etats-Unis et est en cours d'évaluation en France.

Epidémiologie & causes du cancer de la prostate

  • Quelles sont les causes ? 

    Malgré les progrès qui ont permis de mieux connaître les mécanismes de développement des cancers, les causes du cancer de la prostate sont actuellement méconnues.

    Néanmoins, certains facteurs de risque ont été identifiés comme favorisant un cancer de la prostate :

    • L'âge : la fréquence de ce cancer augmente avec l'âge, surtout après 50 ans.
    • Les antécédents familiaux
    • Des facteurs liés à l'origine ethnique et géographique : les hommes d'origine africaine ou antillaise seraient plus touchés.
    • Les conditions de vie : une alimentation riche en graisses, en produits laitiers et en calcium serait associée à un risque plus élevé.

  • Combien de personnes sont concernées ?

    En France, on estime à environ 62 000 les nouveaux cas de cancer de la prostate en 2005. C'est le plus fréquent des cancers chez les hommes. L'incidence augmente avec l'âge. L'âge moyen du diagnostic est de 71 ans. 1,3

    L'évolution annuelle moyenne du taux d'incidence standardisé au niveau mondial est de +6,3% par an entre 1980 et 2005 et de +8,5% entre 2000 et 2005.1

    La mortalité, quant à elle, a légèrement diminué en moyenne de 0,9% entre 1980 et 2005 avec 9202 décès estimés en 2005 ; soit un taux de mortalité de 13,5% en 2005. 1 Cette évolution tiendrait en partie au fait que le cancer est diagnostiqué plus tôt (à des formes plus précoces) et que les traitements s'améliorent.

    Les taux de survie à 1 an et 5 ans sont de 94% et de 80%.

Le cancer de la prostate lié aux gènes d’origine maternelle

elon de nouvelles recherches, les hommes peuvent hériter du risque du cancer de la prostate de leur mère. Des travaux présentés à la rencontre annuelle de l'Association Américaine pour la Recherche contre le Cancer en Californie, pourraient donner aux experts une meilleure compréhension de ce qui cause le cancer.

On sait que plus de 99 % des gènes d’une personne sont situés dans le noyau des cellules, et une toute petite partie est située dans les mitochondries, la «pile» de nos cellules. Les mitochondries sont toutes héritées de la mère, que ce soit chez l’homme ou chez la femme.

Des chercheurs de l'Université d'Emory à Atlanta ont analysé des échantillons de tissus provenant d'environ 260 malades du cancer de la prostate. Or ils ont trouvé des anomalies (mutation non-sens par substitution) dans le gène de la cytochrome C oxydase 1, gène d’origine maternelle puisque mitochondrial.

Les chercheurs ont examiné ce gène chez environ 50 hommes en bonne santé. Ils ont trouvé que le gène était anormal chez 12 % des hommes atteints du cancer de la prostate et chez seulement un homme en bonne santé.

Cela signifie que ce gène CO1 (ou COX1) muté a un rôle dans le cancer de la prostate. Cela signifie aussi que l’on pourrait détecter très tôt le risque de développer un cancer de la prostate en réalisant un test sanguin.

Ces découvertes doivent cependant être validées sur un plus large échantillon de personnes.

Sources : Médical News Today, News Scotsman.com, Boston.com, WebMD.com

Le lait cause le cancer de la prostate

Le contenu de votre assiette peut certes jouer un rôle important dans l'apparition ou la protection contre certains cancers. Mais encore aujourd'hui, personne ne peut affirmer, preuves scientifiques à l'appui, que le lait cause le cancer de la prostate.

Des causes multiples et mal connues

Au Canada, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes. Ses causes sont multiples et encore mal connues. Mais quelques facteurs de risque ont été identifiés, comme la vieillesse et des antécédents de cancer de la prostate dans la famille et une alimentation riche en protéines et en gras, plus spécifiquement en gras saturés, tous deux d'origine animale.


Le lait au banc des accusés

Le lait est également pointé du doigt depuis que des chercheurs, dans les années 70, ont observé une fréquence plus élevée du cancer de la prostate chez les populations buvant beaucoup de lait. Quarante ans plus tard, les scientifiques ont des avis plutôt partagés sur la question.

Les études tentent de déterminer non seulement si le lait augmente le risque de cancer de la protate, mais également si d'autres produits laitiers sont en cause. Les constituants des produits laitiers tels que le calcium, la vitamine D, les protéines et les matières grasses sont également étudiés. Par contre, il n'y a encore aucun consensus à ce sujet.

En 2004, une équipe de chercheur a analysé 11 études cas-contrôle examinant le lien entre le cancer de la prostate et la consommation de lait. Les résultats de cette analyse soulèvent l’inquiétude : une grande consommation de lait augmenterait de 68 % les risques de développer le cancer de la prostate!

Mais attention aux conclusions trop hâtives: Les chercheurs soulèvent plusieurs limites de l’étude qui auraient pu biaiser leurs résultats. Par exemple, ce type d’analyse ne tient pas compte des autres facteurs qui peuvent influencer les résultats. Est-ce que les grands buveurs de lait ont des comportements autres (obésité, faible consommation de légumes et de fruits, faible niveau d’activité physique) qui augmentent leurs risques de développer un cancer de la prostate?

De plus, seules des études cas-contrôle y sont analysées. Or, de nombreuses études de cohorte, des études scientifiquement plus solides, n’observent aucune association entre la consommation de lait et le cancer de la prostate. À l'inverse, des études cohortes rapportent une augmentation du risque de cancer de la prostate.

De façon générale, les résultats des études scientifiques menées jusqu'à présent se contredisent.

Plus récemment, une étude cas témoin montréalaise, publiée en 2010, a rapporté qu'une consommation de 408g et plus de lait, ce qui équivaut à environ 1 1/2 portion et plus, augmenterait les risques de cancer de la prostate. Par contre, cette étude avait deux limites importantes soit un échantillonnage trop petit et âgé. Sachant que la vieillesse est un facteur de risque du cancer de la postate, les résultats peuvent être biaisés.

Pour ajouter à la confusion, chaque étude a sa propre définition de ce qu'est un grand buveur de lait. Difficile alors de comparer les études entre elles et de déterminer quelle quantité serait potentiellement à risque.

Davantage d'études sont donc nécessaires afin d'évaluer s'il existe un réel risque et, si c'est le cas, les études devront se pencher sur le mécanisme pouvant expliquer cette association.
En considérant, les différents bienfaits des produits laitiers et de ses constituants sur la santé des os, l’hypertension et le cancer colorectal, il faut s’assurer de la véracité de cette association avant d’apporter des recommandations afin que ces dernières ne nuisent pas à d’autres aspects de notre santé.

Le lait et ses substituts et la santé

Le lait et substituts et le calcium sont nécessaires pour vieillir en bonne santé.

Au Canada, plus de deux Canadiens sur trois (c’est-à-dire 60 % des adultes ne consomment pas le minimum recommandé, en matière de lait et substituts, par le Guide alimentaire canadien.

La consommation de 2 portions de lait et substituts chaque jour pour un adulte de 19-50 ans est une excellente façon d'obtenir le calcium dont l'organisme a besoin pour se construire des os solides.

Et bien que l'ostéoporose soit moins fréquente chez les hommes, elle touche tout de même 1 homme sur 8 après 50 ans!


À ce jour, le danger reste avant tout de mal s'alimenter. Pour mettre toutes les chances de votre côté et réduire les risques de développer un cancer: 

Adoptez une alimentation riche en fibres, en légumes et en fruits, et faible en matières grasses.

Limitez également votre consommation d'alcool à 1 ou 2 verres par jour.

Un régime équilibré, la pratique d'exercice physique et le maintien d'un poids santé, voilà de précieux atouts à ne pas négliger !
    

Importante avancée scientifique dans le traitement du cancer de la prostate

24.1.12

Les scientifiques à l'Université de Surrey (Royaume-Uni) ont mis au point un test d'urine unique, deux fois plus efficace, dans le diagnostic du cancer de la prostate, que l’actuel antigène prostatique spécifique (PSA).
Les résultats sont salués comme une percée majeure dans le diagnostic précoce du cancer de la prostate chez les hommes.
Le test d'urine est si précis qu'il pourrait être utilisé, en l’espace de douze mois pour le dépistage de la maladie chez les hommes âgés de plus de 50 ans.
Les scientifiques ont découvert une protéine appelée EN2, produite uniquement par les cellules cancéreuses de la prostate. Le nouveau test détecte à travers l’identification de cette protéine 60 à 70% des cancers.
L'étude montre que la protéine sécrétée dans l'urine peut être facilement détectée par un simple test. Si le test PSA actuel permet de prendre un échantillon de sang, il est néanmoins incapable de détecter une proportion significative de cancers précoces de la prostate. Le test PSA détecte moins de 40% des cancers et enregistre un taux de faux résultats positifs de plus de 50%.
Toutefois, selon un rapport publié dans "The Telegraph", la plupart des hommes ne savent même pas que le test PSA existe. Il relève que 10% de l’ensemble des médecins ne donnent pas aux patients l'opportunité ou une recommandation de faire le test.
Le Dr Robert Winston, médecin chercheur et animateur de télévision a dit : "C'est une découverte passionnante qui fait avancer le dépistage précoce de ce cancer. Il montre également à quel point la recherche effectuée dans des universités, comme celle de Surrey, pourrait vraiment aider à trouver plus rapidement, de meilleures solutions à certains défis de santé auxquels nous sommes tous confrontés".
La protéine EN2 est l'un des nombreux gènes impliqués dans le développement de l'embryon précoce. Ce gène présent dans les tumeurs de la prostate est activement sécrété par ces tumeurs. Le test pourrait conduire à des dépistages nationaux, car il s’est avéré être meilleur que les méthodes utilisées jusqu’ici, dans le dépistage d’autres cancers (cancers du sein, de l’utérus, etc.).

Sources

  • Prostate-project.org.uk ;
  • News.sky.com ;
  • Telegraph.co.uk.

Cancer de la prostate : l’ablation en question

3.12.11

Le traitement des cancers de la prostate par ablationcomplète pourrait diminuer la mortalité etl’apparition de métastases. Toutefois, lamortalité globale ne semble pas réduite. Petiteexplication…
La prise en charge du cancer de la prostate est l’objetd’un véritable débat. Plusieurs choix sontpossibles, qui dépendent notamment descaractéristiques du cancer et de l’âge dumalade. Le bénéfice d’une ablation de laprostate (prostatectomie) par rapport à une simplesurveillance restait controversé. Pour en avoir le cœurnet, les chercheurs de l’hôpital d’Uppsala enSuède ont suivi 695 hommes soumis à uneprostatectomie radicale ou une simple surveillance. Au terme dusuivi de 6,2 ans en moyenne, le taux de décèsdû au cancer de la prostate était de 8,9 % chez ceuxbénéficiant d’une surveillancerégulière et de 4,6 % chez ceux ayant subi uneprostatectomie. Le risque d’apparition de métastasesà distance était même diminué de 37 %.Cependant, la mortalité globale des deux groupes restaitcomparable. Mais l’on peut supposer que l’âgeavancé des patients les exposent à d’autrescauses de décès.
Dans une deuxième étude, les mêmes chercheursont voulu évaluer la qualité de vie des patients desdeux groupes. Comme prévu, les patients ayant subi uneprostatectomie ont plus de risque de dysfonction érectile(80 % contre 45 %), d’incontinence urinaire (49 % contre 21%), mais présentent moins d’obstructions urinaires (28% contre 44 %). Cependant, après quatre ans de suivi, lebien-être ou la qualité de vie évaluéspar des questionnaires étaient sensiblement les mêmesdans les deux groupes.
Dans son éditorial, le Pr. Walsh estime que si le suiviavait été plus long, la balance aurait penchéencore plus en faveur d’une prostatectomie radicale, du faitde la réduction de métastases. Néanmoins, denouvelles options thérapeutiques (radiothérapie,curiethérapie, cryothérapie, ultrasons…)peuvent aujourd’hui représenter des alternativesà la chirurgie. Seuls des essais comparatifs pourrontdéterminer avec certitude la meilleure optionthérapeutique.

Ablation prostate cancer consequences

Après une ablation de la prostate pour un cancer, les 5 questions posées par le malade sont pratiquement toujours les mêmes.

1) SERAI JE GUERI APRES L'OPERATION ?
Les courbes de survie actuarielles permettent de parler de guérison, qu'il faut cependant tempérer en rapport avec l'examen anatomo-pathologique de la pièce opératoire déterminant le grade évolutif anatomo-pathologique de la tumeur (marges-gradding) .

2) SERAI JE CONTINENT APRES L'OPERATION ?
Il faut rassurer le malade sur ce point en expliquant cependant que la continence totale ne sera parfois obtenue qu'après quelques mois seulement. Cela dépend de l'état du SPHINCTER et de la vessie.
Les troubles immédiats qui pourront être constatés sont en rapport avec l'anastomose urétro-vésicale (la suture du col de la vessie à l'urètre), en sachant que le chirurgien après ablation de la prostate et de sa coque est dans l'obligation d'abaisser le col de la vessie pour procéder à la suture.
Une rééducation sphinctérienne sera souvent obligatoire, mais à terme la continence sera totale.

3) QU'EN SERA T IL DE MA SEXUALITE ?
Du fait de la ligature des canaux déférents, il faut dire au malade qu'il n'y aura plus d'éjaculation, donc plus d'orgasme.
Il faut donc connaître la qualité réelle des rapports sexuels avant l'intervention (qui sont bien souvent très espacés) .
La possibilité d'érection existe, ce qui dédramatise souvent cette situation un peu angoissante.
Il faut savoir que seulement 50% des patients ont des rapports avant l'intervention, que 30% auront des érections postopératoires tout à fait normales et que 20% auront plus d'un rapport par mois.

4) DEVRAI JE SUBIR UNE SURVEILLANCE MEDICALE ?

Elle est très simple et repose sur le dosage périodique du PSA selon le schéma indiqué par le médecin, en général un dosage tous les 3 à 6 mois.

5) EN CAS DE RECIDIVE QUE VA T IL M'ARRIVER ?

Il faut savoir que nous avons les moyens thérapeutiques de faire face à ce problème. Une hormonothérapie ou une radiothérapie seront possibles.

Rappelons qu'un diagnostic précoce permettra de traiter une lésion localisée et d'améliorer le pronostic global du cancer de la prostate.

Nouveau projet de recherche sur la prévention du cancer de la prostate 2011

24.9.11

Le député de Chomedey et adjoint parlementaire au ministre des Transports et au ministre du Revenu, Guy Ouellette, au nom du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, et le président de la Société de recherche sur le cancer, Mario Chevrette, annoncent  l'attribution d'un soutien financier de 4 728 203 $ réparti sur cinq ans pour le projet de recherche intitulé « Programme de recherche québécois pour la prévention du cancer de la prostate ».

« Le Programme de recherche québécois pour la prévention du cancer de la prostate présenté aujourd’hui propose d’établir, au Québec, un nouvel effort collectif et de longue durée dans la prévention du cancer de la prostate, qui est le plus fréquent chez les hommes québécois. Ce projet aura des répercussions positives sur la santé de la population, sur le soutien de chercheurs compétents et sur le développement d'une relève hautement qualifiée », a soutenu le député Guy Ouellette.


Ce projet permettra de mieux mesurer l’impact de divers éléments de notre environnement sur les risques de développer ou d’influencer la progression du cancer de la prostate. Les chercheurs Marie-Élise Parent, professeure au Centre INRS-Institut Armand-Frappier de l'INRS et Dr. Pierre Karakiewicz, de l’Université de Montréal, mèneront la recherche. Le projet a été sélectionné à la suite du premier concours organisé dans le cadre du programme Groupe de recherche et de prévention en environnement-cancer (GRePEC), cofinancé à parts égales par la Société de recherche sur le cancer (SRC) et le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE). Le processus d’évaluation des candidatures s’est effectué sous la supervision du Fonds de la recherche en santé du Québec.

De son côté, Mario Chevrette, président de la Société de recherche sur le cancer, a affirmé : « Le projet GRePEC est né d’une initiative de la SRC à la suite de la création du Fonds Environnement-cancerMD. Reconnaissant que les facteurs environnementaux pourraient être impliqués dans près de 90 % des cas de cancer, l’investissement dans ce secteur de recherche encore trop peu financé est primordial. Une meilleure connaissance de ces facteurs environnementaux permettra de mieux prévenir et vaincre le cancer, première cause de mortalité au pays ».

Le Fonds de la recherche en santé du Québec est très heureux d’avoir chapeauté le processus d’évaluation scientifique qui a mené à la sélection de ce projet de recherche. Je tiens à souligner l’excellence de nos chercheurs dans ce domaine prioritaire. Les retombées attendues de ce projet sont extrêmement pertinentes pour la santé des Québécois », a révélé M. Howard Bergman, vice-président aux affaires scientifiques du Fonds de la recherche en santé du Québec.
 

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À propos du Groupe de recherche et de prévention en environnement-cancer (GrePEC)
Ce programme a été créé grâce à un partenariat entre la Société de recherche sur le cancer (SRC), le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) et le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE). Le GRePEC bénéficie d'un investissement de 15 M$ sur 5 ans, financé à parts égales par la SRC et le MDEIE via la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation (SQRI). Rio Tinto Alcan et le Réseau de recherche en santé environnementale sont aussi partenaires de ce programme.

Le GRePEC vise à réunir un maximum de preuves scientifiques pour démontrer l'impact de divers éléments de notre environnement sur les risques de développer un cancer. Il favorise des projets multidisciplinaires et multi-institutionnels qui engendrent des résultats concrets, ainsi que la recherche « translationnelle », c'est-à-dire passant du laboratoire au patient. La seconde compétition de ce programme est maintenant lancée. Les lettres d'intention sont attendues à la Société de recherche sur le cancer d'ici le 8 mars 2011.

À propos de la Société de recherche sur le cancer
La Société de recherche sur le cancer (SRC) est un organisme national, sans but lucratif, dont la mission est de financer exclusivement la recherche sur le cancer et d’offrir des subventions de démarrage aux projets et aux chercheurs les plus prometteurs à travers le Canada. Fondée en 1945, la SRC est fière de célébrer cette année son 65e anniversaire. Sa longévité est gage de son expertise et de sa détermination dans la lutte qu’elle mène contre le cancer. Pour plus de renseignements : www.RechercheCancer.ca

À propos du Fonds de la recherche en santé du Québec
Cet organisme subventionnaire à but non lucratif relève du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et met en œuvre les stratégies gouvernementales en matière de recherche en santé humaine telles que définies par la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation. Le fonds a pour mandat la promotion et l’aide financière des recherches, la diffusion des connaissances et la formation des chercheurs, ainsi que l’établissement de partenariats nécessaires au développement du système québécois de la recherche et de l’innovation, et le rayonnement de la recherche sur le plan international. Pour plus de renseignements : www.frsq.gouv.qc.ca

À propos de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation
Intitulée Mobiliser, Innover, Prospérer, la SQRI vise notamment une restructuration du financement de la recherche publique en vue de renforcer le leadership scientifique québécois, de se doter d’une vision concertée de son développement, de mieux positionner la recherche québécoise et de la faire rayonner davantage sur le plan international.

Un nouveau test est plus performant pour dépister le cancer de la prostate

10.9.11

Les scientifiques de l'université de Surrey ont découvert que les cancers de la prostate secrètent un produit chimique appelé l'EN2 qui peut être recherché par une analyse d'urine. Les résultats de leur étude basée sur le suivi de 288 patients, conduite notamment par le professeur Hardev Pandha, publiée dans la revue médicale Clinical Cancer Research, suggère que ce test est meilleur que le test PSA pour détecter les cancers tout en ayant moins de faux positifs.
L'EN2 fut rarement retrouvé dans l'urine d'hommes n'ayant pas de cancer de la prostate. Si l'on retrouve l'EN2 dans les urines d'un patient on peut, selon l'auteur, raisonnablement être certain que cet homme a un cancer de la prostate.
Des investigations à plus large échelle pour tester cette nouvelle méthodologie sont prévues en Angleterre et aux Etats-Unis. Les chercheurs envisagent de contrôler l'efficacité de la détection de ce produit chimique et en même temps pratiquer l'analyse de sang PSA.
Selon le Professeur Pandha, il serait assez simple de développer un test, similaire au test de grossesse, qui devrait permettre aux hommes d'avoir le résultat dans les cinq minutes. La perspective d'obtenir un résultat immédiat sans la nécessité de faire pratiquer une prise de sang ou un examen embarrassant pourrait permettre à plus d'hommes présentant des symptômes urinaires de chercher une aide médicale. Les chercheurs examinent également la relation possible entre la quantité de ce produit chimique retrouvée dans l'urine et la sévérité du cancer ou la nécessité d'un traitement immédiat.
Par ailleurs il serait intéressant de savoir, selon des commentateurs, si cette détection pourrait faire la distinction entre les cancers de la prostate agressifs qui nécessitent un traitement et les non agressifs qui n'en nécessitent pas.

Cancer de la prostate : les nouveaux traitements, essais cliniques

Le cancer de la prostate fait l'objet de nombreuses recherches à l'IGR. La nature, la durée et la combinaison des traitements peuvent être optimisées.
Des études visent à évaluer différents schémas d'administration (modifications de durée ou de chronologie des traitements), ainsi que de nouveaux anticancéreux ayant des mécanismes d'action innovants, et des techniques d'irradiation permettant d'augmenter l'efficacité et de réduire la toxicité.

 

Conformément à la loi française, ces recherches sont effectuées dans le cadre d'études cliniques, qui peuvent vous être proposées par votre médecin. Votre participation est volontaire, non obligatoire. Une information complète vous sera délivrée et vous pourrez poser toutes les questions qui vous viendront à l'esprit. Si vous ne souhaitez pas participer à ces recherches, un traitement standard vous sera proposé.

Ces études comportent des critères d'inclusion qu'il faudra vérifier avant que vous puissiez y participer si vous le souhaitez. Cette évaluation sera faite par le médecin que vous verrez en consultation.

Cancer de la prostate : des médicaments prometteurs dès maintenant disponibles à l’Institut Gustave Roussy


Plusieurs médicaments innovants sont dès maintenant disponibles dans le cadre d’études cliniques menées à l’Institut Gustave Roussy.
  • C’est le cas de l’abiraterone, un médicament d’hormonothérapie utilisé sous forme de comprimés et dont les résultats sont particulièrement encourageants, y compris chez des patients dont la tumeur progresse malgré l’hormonothérapie et la chimiothérapie. Il s’agit par ailleurs d’un médicament habituellement bien supporté. L’abiraterone a été utilisée avec succès en 2009 à l’Institut Gustave Roussy dans le cadre d’une étude pour les patients ayant déjà reçu une chimiothérapie par le docetaxel (Taxotere®). Une deuxième étude employant l’abiraterone vient de débuter en novembre 2009 et est destinée aux patients n’ayant pas reçu de chimiothérapie de recevoir.
  • Un autre médicament d’hormonothérapie particulièrement prometteur, le MDV 3100, est désormais disponible dans le cadre d’une large étude depuis décembre 2009 pour les patients ayant déjà reçu une chimiothérapie par le docetaxel (Taxotere®).
  • Parmi les traitements ciblés disponibles pour les patients atteints de cancer de la prostate, un traitement ciblant le récepteur de l’endothéline-1, le Zibotentan (ZD 4054), est également particulièrement prometteur. Ainsi le zibotentan s’est avéré très efficace dans une première étude portant sur plus de 300 patients atteints de métastases et en échec du traitement hormonal. Le zibotentan est actuellement disponible à l’Institut Gustave Roussy à la fois pour des patients ayant ou n’ayant pas d’atteinte osseuse de leur cancer de la prostate. Le traitement est administré sous forme de comprimés et est habituellement bien toléré.
  • Des traitements ciblés cherchant à empêcher la fabrication de vaisseaux sanguins par la tumeur (« anti-angiogéniques ») sont également disponibles dans le cadre d’études cliniques à l’Institut Gustave Roussy chez des patients recevant une chimiothérapie (le médicament est le VEGF-Trap) ou n’en recevant pas (le médicament s’appelle Zactima).
  • Enfin, un médicament permettant de stimuler l’immunité anti-tumorale, l’ipilimumab, est disponible en association à la radiothérapie dirigée sur les métastases osseuses chez les patients ayant déjà reçu une chimiothérapie par docetaxel.
Pour évaluer si l’un ou l’autre de ces médicaments est approprié à la situation, l’équipe d’oncologie médicale du cancer de la prostate est prête à accueillir rapidement les patients en consultation.

Les essais thérapeutiques du cancer de la prostate en cours et à venir

Cancer de la prostate localisé

  • Étude comparant la radiothérapie post-opératoire immédiate associée à une hormonothérapie courte au même traitement utilisé seulement en cas de rechute, chez les patients opérés d'un cancer de la prostate (étude GETUG 17)
  • Étude évaluant l’intérêt d’une hormonothérapie courte chez des patients opérés d’un cancer de la prostate et relevant d’une radiothérapie post-opératoire (étude européenne de l’EORTC)

Cancer de la prostate en rechute biochimique isolée (augmentation du taux de PSA après prostatectomie)

  • Étude évaluant l’intérêt d’une hormonothérapie courte chez les patients en rechute biochimique (= réascension du taux de PSA) après prostatectomie et relevant d’une radiothérapie de rattrapage (étude GETUG 16)

Cancer de la prostate résistant au traitement hormonal sans métastases osseuses

  • Etude comparative évaluant un « inhibiteur de l'endothéline 1 », le Zibotentan (ZD4054), médicament utilisé sous forme de comprimés (étude Enthuse 15)

Cancer de la prostate métastatique résistant au traitement hormonal (patient n’ayant pas reçu de chimiothérapie)

  • Etude comparative évaluant une nouvelle hormonothérapie, l’Abiraterone, médicament utilisé sous forme de comprimés (étude COU 302)

Cancer de la prostate métastatique résistant au traitement hormonal : patient nécessitant une chimiothérapie)

  • Etude comparant une chimiothérapie par Docetaxel (Taxotere), avec ou sans un inhibiteur de la formation des vaisseaux (anti-angiogénique), le VEGF-Trap (étude VENICE)
  • Etude comparant une chimiothérapie par Docetaxel (Taxotere) avec ou sans un « inhibiteur de l'endothéline-1 », le Zibotentan (ZD4054) (étude Enthuse 33)

Cancer de la prostate métastatique résistant au traitement hormonal : patient ayant déjà reçu une chimiothérapie

  • Etude comparative évaluant une nouvelle hormonothérapie, le MDV 3100, utilisé sous forme de comprimés
  • Etude comparative évaluant un traitement cherchant à stimuler les défenses immunitaires contre les métastases, l’ipilimumab, en association avec la radiothérapie

Le risque lié au cancer de la prostate mesurable dès 44-50 ans

29.8.11

Le risque de mortalité à long terme liée à un cancer de la prostate peut être évalué dès 44 à 50 ans avec le taux sanguin de PSA, l'antigène prostatique spécifique, un marqueur tumoral, selon une étude présentée mercredi aux Etats-Unis.
Cette recherche rétrospective révèle que 44% des décès consécutifs à un cancer de la prostate se sont produits chez les hommes dont les niveaux de PSA étaient dans les 10% les plus élevés au-dessus de 1,6 nanogramme par millilitres (ng/ml) quand ils étaient dans cette tranche d'âge.
Cette étude menée en Suède montre ainsi que les niveaux de PSA mesurés lors de l'expérience initiale prédisent de manière précise le risque pour les hommes testés de décéder d'un cancer de la prostate ou de développer une tumeur métastatique de cette glande jusqu'à trente ans après.
50% des cas pourraient être évités
Ainsi, selon les auteurs de cette communication, près de la moitié de tous les décès dus au cancer de la prostate pourraient être potentiellement évités par une étroite surveillance de ce petit groupe d'hommes à haut risque.
De plus, les auteurs de cette étude ont découvert que les sujets dont les taux de PSA dans le sang sont bas pour leur groupe d'âge ont comparativement un moindre risque - 28% plus bas avec un PSA allant jusqu'à 0,5% - de développer un cancer métastatique de la prostate ou d'en mourir plusieurs décennies plus tard. Ils auraient ainsi besoin de seulement trois tests de PSA tout au long de leur vie.
Ces résultats pourraient potentiellement avoir des implications importantes pour décider quels sont les hommes qui devraient faire l'objet de dépistage plus fréquent, estime le Dr Hans Lilja, du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York, principal auteur de cette étude dévoilée par l'American Society of Clinical Oncology (ASCO).
La 2e cause de mortalité par cancer chez l'homme
Cette étude, qui fera l'objet d'une présentation à la 47e conférence annuelle de l'ASCO du 3 au 7 juin à Chicago, a été réalisée à partir des échantillons de sang archivés de 1974 à 1986 provenant de 12.090 hommes.
Six ans plus tard, les auteurs de l'étude ont de nouveau analysé 4.999 échantillons dans le cadre du projet suédois de prévention Malmo. En plus, 1.167 hommes ont fourni des échantillons de leur sang alors qu'ils étaient âgés de 60 ans. Ils ont pu ainsi estimer les niveaux moyens de PSA pour la tranche d'âge 44-50 ans, à 51 ans et de 55 à 60 ans.
Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l'homme de plus de 50 ans et représente avec le cancer broncho-pulmonaire la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme dans le monde développé, après le cancer du poumon.
Le Nouvel Observateur - AFP

Cancer: les effets des traitements sur la sexualité ne sont pas assez discutés

28.5.11

HALIFAX - Lorsque Richard Wassersug a appris qu'il était atteint du cancer de la prostate, il y a environ dix ans, il ignorait à quel point ce diagnostic changerait sa vie.
Le professeur, qui était âgé de 52 ans au moment où il a reçu la mauvaise nouvelle, a subi une prostatectomie et des traitements de radiation en plus de prendre des médicaments visant à bloquer la production de testostérone.
M. Wassersug saisissait bien les implications de l'intervention chirurgicale. Il avait aussi été informé du processus de rémission et de certains des effets secondaires potentiels.
Par contre, on lui a donné très peu de renseignements sur les conséquences que pourrait avoir le traitement sur l'un des aspects importants de sa vie: sa sexualité.
«Je n'y étais pas du tout préparé, et j'enseigne l'anatomie dans une faculté de médecine», dit le professeur maintenant âgé de 64 ans.
«Mon médecin n'a jamais soulevé la question. J'ai vu un urologue, un radio-oncologue, un oncologue... et on n'a jamais discuté de cet aspect», affirme Richard Wassersug, professeur à l'Université Dalhousie d'Halifax.
La clinicienne-chercheuse Deborah McLeod, qui s'intéresse au lien entre les traitements anti-cancer et la sexualité, soutient que les hommes atteints de cette maladie ne disposent pas de suffisamment d'informations quant aux impacts potentiels des traitements sur leur sexualité.
Si 96 pour cent des professionnels de la santé reconnaissent que les questions reliées à la sexualité sont reliées à leur pratique, seulement deux pour cent en discutent avec leurs patients, fait remarquer la chercheuse en citant une étude réalisée en 2007.
«Les différents types de cancer peuvent affecter la sexualité de plusieurs façons différentes», soutient Mme McLeod, qui travaille au programme Cancer Care de Capital Health.
Le directeur de la branche Atlantique du réseau Cancer de la prostate Canada, Peter Mallette, a lui-même reçu un diagnostic de cancer de la prostate en 2005. Il a éprouvé le besoin de discuter avec son médecin des effets secondaires que pourrait avoir une prostatectomie sur sa vie sexuelle.
«J'obtenais des informations de mon docteur au sujet du cancer de la prostate», explique-t-il.
Mais Peter Mallette souhaitait en savoir davantage sur les effets secondaires de la chirurgie. «Je voulais avoir cette conversation car les informations me semblaient insuffisantes», relate M. Mallette, qui dit avoir obtenu les renseignements qui lui semblaient les plus pertinents en discutant avec les membres de son groupe d'entraide.
Le traitement du cancer de la prostate peut entraîner des dysfonctions érectiles. La prostatectomie — l'ablation d'une partie de la prostate ou de l'organe en entier — peut perturber les impulsions nerveuses à l'origine des érections. La chimiothérapie, pour sa part, peut avoir des conséquences sur la fertilité.
Toute intervention chirurgicale pelvienne, que ce soit pour traiter un cancer de la prostate, de la vessie, du colon ou encore un cancer colorectal, peut entraîner la formation de tissus cicatriciels qui, à terme, peuvent affecter la circulation du sang vers les organes génitaux.
Et même si certains médicaments peuvent aider à restaurer la fonction érectile, certains hommes ont tendance à s'isoler et craignent de se confier lorsqu'ils sont confrontés à des problèmes d'ordre sexuel.
Deborah McLeod fait partie d'une équipe qui tente de mettre sur pied un programme de dépistage visant à identifier les patients atteints de cancer qui risquent d'éprouver des problèmes de dépression, de fatigue ou problèmes conjugaux.
Il est également question de sensibiliser les professionnels du milieu de la santé sur les conséquences des traitements anti-cancer sur la sexualité en instaurant un programme destiné aux étudiants diplômés et aux praticiens.
Richard Wassersug, qui suit présentement des traitement d'hormonothérapie, soutient qu'il s'est adapté à sa nouvelle réalité et encourage ceux qui se trouvent dans la même situation que lui à faire preuve d'imagination en terme de sexualité.
«J'ai réalisé qu'à partir du moment où j'accepte ma différence, je pouvais m'y ajuster.»

Cancer de la prostate: Les troubles de l'érection

Introduction

Les troubles de l’érection sont redoutés par les patients. De nombreux hommes traités pour un cancer de la prostate éprouvent ces difficultés.
On parle aussi d’impuissance ou de dysfonction érectile, c’est-à-dire d’incapacité à obtenir et à maintenir une érection suffisamment ferme pour permettre une relation sexuelle.
Les traitements du cancer de la prostate peuvent endommager les nerfs et les vaisseaux sanguins essentiels à l’érection ou modifier les taux d’hormones.
D’autres facteurs peuvent également entraîner une impuissance, tels que :
  • le vieillissement – l’impuissance devient plus fréquente en vieillissant ;
  • les troubles circulatoires ou cardiaques ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • les troubles neurologiques ;
  • le diabète ;
  • l’insuffisance rénale ;
  • la cirrhose du foie ;
  • une lésion à la colonne vertébrale ;
  • le tabagisme ;
  • la consommation d’alcool ;
  • de faibles taux de testostérone ou d’hormones thyroïdiennes ;
  • des médicaments : antihypertenseurs, médicaments pour le cœur, somnifères, antidépresseurs ;
  • des troubles affectifs ;
  • anxiété liée à la performance ;
  • dépression.
Un diagnostic d’impuissance peut être posé sur la base d’un examen physique complet qui comprend un examen neurologique, une vérification de la circulation, un examen rectal et génital.
Le médecin vous interroge également sur vos antécédents personnels (affections médicales, médicaments, capacité d’érection le jour ou la nuit, fonction sexuelle avant le traitement du cancer).

Les conséquences de la prostatectomie totale sur l’érection

Les bandelettes neuro-vasculaires, responsables de l’érection, situées de chaque côté de la prostate, peuvent être endommagées ou retirées par la prostatectomie totale. L’intervention permettant de séparer les bandelettes neurovasculaires de la prostate peut léser les nerfs qui sont des structures sensibles et entraîner une impuissance.
Le chirurgien tente, dans la mesure du possible, de préserver les bandelettes neurovasculaires durant la chirurgie : c’est ce que l’on appelle la technique de préservation des nerfs. L’une des bandelettes neurovasculaires ou les deux peuvent être préservées durant l’opération. Un homme dont les deux bandelettes sont épargnées aura moins de troubles de l’érection que celui pour lequel une seule bandelette aura été épargnée.
Mais dans certains cas, du fait de l’extension tumorale, il n’est pas possible d’épargner les bandelettes neurovasculaires car il pourrait y rester de la tumeur.
De nouvelles recherches sont en cours afin de déterminer si une greffe de nerf (greffe du nerf saphène) dans cette région pourrait améliorer les érections chez un homme pour qui il est impossible d’épargner les nerfs.
Les troubles de l’érection entraînent une importante frustration, car le désir persiste mais il n’est plus possible de maintenir une érection suffisante pour avoir un rapport sexuel.
Ces troubles peuvent également apparaître en raison de l’anxiété de la personne malade ou d’une perte de confiance en soi qui influence la capacité d’obtenir ou de maintenir une érection.
Votre médecin peut vous conseiller sur les différents moyens d’obtenir une érection en fonction des traitements possibles dans votre situation : médicaments, injections intra-caverneuses, ou plus rarement implant pénien. Vous pouvez également faire appel à un sexologue si besoin.
Tous les hommes traités par prostatectomie totale éprouvent une impuissance partielle ou totale après l’intervention.
Le rétablissement de la meilleure fonction érectile possible peut prendre de 1 à 3 ans après la chirurgie. De 10 à 60% des hommes retrouvent une certaine capacité d’érection qui dépend des facteurs suivants :
- la conservation d’une des deux bandelettes neurovasculaires au cours de la chirurgie ;
- l’âge : plus l’homme est jeune, plus la probabilité de retrouver sa fonction érectile est élevée ;
- la qualité des érections avant la chirurgie : les hommes qui n’avaient pas de problème d’érection avant l’intervention sont plus susceptibles de retrouver leur fonction érectile;
- la nécessité de subir d’autres traitements du cancer de la prostate dont une hormonothérapie ou une radiothérapie.
Un homme traité par prostatectomie totale conserve néanmoins son désir sexuel (libido) et ne perd pas sa capacité à avoir des orgasmes malgré le fait que l’opération chirurgicale supprime la possibilité d’éjaculer (on parle d’orgasme sec).
Par ailleurs, cette intervention n’entraîne aucun changement dans les sensations du pénis parce que les nerfs qui en sont responsables sont différents des nerfs responsables de l’érection.
 

Les conséquences de la radiothérapie sur l’érection

Les traitements des cancers de la prostate par radiothérapie externe et curiethérapie peuvent endommager les faisceaux de nerfs intervenants dans l’érection.
La quantité de rayons administrée à la prostate et à la base du pénis (bulbe pénien), près du scrotum, peut avoir un effet sur le risque de développer une impuissance : plus la dose de rayons est élevée, plus le risque est important.
Les troubles de l’érection ne se manifestent pas forcément immédiatement après la réalisation du traitement. Les changements de la fonction érectile dépendent du type de traitement réalisé (radiothérapie externe ou curiethérapie), du temps écoulé depuis la fin du traitement, de l’état de la fonction sexuelle avant le traitement, ainsi que de l’âge du patient.
Après une radiothérapie externe, la fonction érectile diminue graduellement durant 2 ans après le traitement. Néanmoins 30 à 50 % des hommes conservent leur fonction érectile habituelle à 5 ans après la radiothérapie externe.
Après la réalisation d’une curiethérapie de prostate par implants permanents, il y a une diminution habituelle de la quantité d’éjaculat avec possibilité d’éjaculation sèche, les patients conservent une fonction érectile dans 70 % des cas (taux sensiblement identiques à ceux obtenus après traitement par prostatectomie totale avec préservation des bandelettes neurovasculaires).
Tout comme avec la chirurgie, un homme qui a subi une radiothérapie conserve son désir sexuel (libido) et sa capacité à avoir des orgasmes.
De nombreux hommes se disent capables d’avoir du plaisir sans érection ni rapport sexuel. Ils peuvent explorer d’autres façons de satisfaire leur partenaire ainsi qu’eux-mêmes.
Certains hommes et leurs partenaires trouvent utiles de parler à un professionnel spécialisé (urologue, psychologue ou sexologue) pour les aider à trouver des solutions et des conseils adaptés à leur situation.

Les traitements possibles des troubles de l'érection

Il existe plusieurs types de traitements des troubles de l’érection. La plupart nécessitent une ordonnance de votre médecin listés ci-dessous.
Les médicaments
Des médicaments, sous forme de comprimés à avaler, peuvent être prescrits pour traiter des troubles de l’érection légers à modérés.
Ces médicaments améliorent l’érection et entraînent une meilleure irrigation sanguine du pénis. Ils doivent être pris environ une heure avant la relation sexuelle et l’érection peut durer jusqu’à une heure ou plus.
Il est contre-indiqué de prendre ces médicaments en même temps que certains autres médicaments. Trois médicaments sont disponibles :
  • le sildénafil
  • le tadalafil
  • le vardénafil
Il est possible que ces médicaments ne soient pas efficaces pour certains hommes traités pour un cancer de la prostate.
Les injections et suppositoires
Les médicaments comme l’alprostadil entraînent un élargissement (dilatation) des vaisseaux sanguins et améliorent ainsi l’irrigation sanguine du pénis.
Ils maintiennent le sang dans le pénis et produisent une érection. L’érection survient assez tôt après l’injection du médicament et peut durer de 30 à 90 minutes.
L’alprostadil peut être administré sous forme de :
  • petite pastille de gelée (suppositoire) insérée dans l’urètre à l’aide d’un applicateur spécial ;
  • injection intracaverneuse d’un médicament, dans le côté du pénis à l’aide d’une aiguille fine.
D’autres médicaments peuvent également s’injecter dans le pénis comme la phentolamine et la papavérine.
Les pompes à vide
Les hommes qui ne peuvent pas prendre de médicaments peuvent envisager d’utiliser une pompe à vide. Ces pompes ont pour effet d'attirer le sang au pénis. Il s’agit d’un tube creux mis en place autour du pénis ; le vide est ensuite appliqué.
L’érection peut durer jusqu’à 30 minutes. Une fois que l’homme a une érection, il place une bande élastique ou un anneau autour de la base du pénis afin de retenir le sang dans le pénis et maintenir l'érection.
Les implants péniens (ou prothèses péniennes)
L’implant pénien est un dispositif implanté dans le pénis par intervention chirurgicale pour faciliter l'érection. Il s’agit d’une intervention chirurgicale. Il existe différents types d’implants :
  • Les implants semi-rigides
Dans le cas de l’implant pénien semi-rigide, deux tiges flexibles sont mises en place dans le pénis. Elles sont suffisamment fermes pour permettre la relation sexuelle, mais elles laissent l’homme dans un état permanent d’érection.
  • Les implants gonflables
Un implant pénien gonflable peut être partiellement ou complètement gonflable. Il s’agit de deux tiges creuses (cylindres) introduites dans le pénis. Un petit récipient sous forme de ballonnet (réservoir), rempli de liquide, est placé dans la partie inférieure de l’abdomen et une petite pompe est implantée soit à la tête du pénis ou dans le scrotum.
Lorsqu'on appuie sur la pompe, le liquide se déplace du ballonnet abdominal vers les cylindres dans le pénis, ce qui le durcit. Les cylindres sont dégonflés après la relation sexuelle et le pénis redevient mou.

L"’abiratérone": nouveau médicament efficace contre le cancer de la prostate métastatique

27.5.11

Lors du 35e Congrès de l’European Society of Medical Oncology (ESMO), à Milan, le Pr Karim Fizazi, Chef du département de médecine oncologique à l’Institut de cancérologie Gustave- Roussy (IGR, Villejuif) a présenté les résultats d’une étude de phase 3 multicentrique randomisée sur un nouveau traitement hormonal du cancer de la prostate métastatique (M+) en progression, dont il a été le coordinateur en France , qui entraînerait une réduction du risque de décès de 36%.

L’intérêt de cette étude est la comparaison du bénéfice en termes de survie globale entre les patients recevant l’association abiratérone/prednisone comparée à l’association placebo/prednisone. Le résultat de cette étude, présentée en session plénière du Congrès de l’ESMO, a conclu à un bénéfice thérapeutique élevé de l’abiratérone, la réduction du risque de décès obtenue avec cette nouvelle association ayant été estimée à 36 %.

L’abiratérone est un nouveau traitement hormonal, dont le mode d’action est l’inhibition de la synthèse des androgènes testiculaires et surrénaliens, ainsi que par les cellules cancéreuses elles-mêmes. En plus d’excellents résultats en termes de survie globale, l’abiratérone, sous forme de traitement oral, n’a présenté qu’une faible toxicité. La nouvelle molécule a été testée chez 1.195 patients. Dès que les résultats positifs sur la survie globale ont été établis, l’étude a été stoppée, les patients du groupe placebo bénéficiant à leur tour de l’abiratérone.

L’association abiratérone/prednisone pourrait devenir le traitement de référence du cancer de la prostate M+ en progression après une ou deux cures de chimiothérapie, dès l’autorisation de mise sur le marché (AMM) acquise. Deux médicaments de mode d’action similaire sont déjà à disposition à l’IGR dans le cadre d’essais cliniques. Compte tenu de ce résultat positif, le Pr Fizazi pourrait coordonner en 2011 une nouvelle étude de phase 3 multicentrique randomisée européenne et comparant l’association abiratérone/traitement standard versus l’association placebo/traitement standard,

mais cette fois en traitement de première chez des patients porteurs d’un cancer de la prostate M+.

Un nouveau traitement du cancer de la prostate découvert avril 2011

Le traitement de référence du cancer de la prostate propose actuellement deux alternatives : l'ablation de la prostate et la radiothérapie externe. Mais de nouvelles techniques moins invasives sont utilisées. Parmi celles-ci, le traitement par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU). Nous avons interrogé le Dr Albert Gelet du service d'urologie et de transplantation de l'Hôpital Edouard Herriot de Lyon.
 

Doctissimo: Quel est le principe du traitement par ultrasons focalisés du cancer de la prostate ?
Les ultrasons focalisésDr Albert Gelet : La technique repose sur l'utilisation d'ultrasons émis par une sonde endorectale et focalisés sur la prostate. Tout comme les rayons solaires passant à travers une loupe peuvent développer une grande chaleur au point de focalisation, les ultrasons passant à travers différents tissus peuvent produire au point focal une chaleur intense (entre 80 et 100°C). Cette élévation de température associée à d'autres phénomènes physiques bien maîtrisés (cavitation et diffusion) provoque la destruction instantanée et définitive (nécrose de coagulation) du tissu à l'intérieur de la zone ciblée. 

Doctissimo : Qui est à l'origine de cette nouvelle technique ?
Dr Albert Gelet : Un projet de recherche a été initié en 1989 à Lyon grâce à la collaboration de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM-Unité 556), du service d'Urologie de l'Hôpital Edouard Herriot et de la société EDAP Technomed. Ce projet a abouti à l'homologation européenne de l'appareil Ablatherm en janvier 2000. Ce projet a également bénéficié du soutien financier du Ministère de la Recherche. La Food and Drug Administration (FDA) a également donné son accord pour la réalisation d'une étude dans plusieurs centres aux Etats-Unis afin d'utiliser ce traitement chez des patients après échec de radiothérapie externe. 

Doctissimo : Combien de temps dure le traitement ?
Dr Albert Gelet : Le chirurgien introduit la sonde dans le rectum du patient après l'avoir recouverte d'un ballonnet contenant un liquide de couplage anti-cavitation. Ce liquide réfrigéré permet également de maintenir une température constante de la paroi rectale pendant toute la durée du traitement. Le chirurgien repère les limites de la prostate et définit sur l'écran de contrôle la zone qu'il souhaite traiter. Le traitement peut alors démarrer (400 à 600 tirs d'ultrasons sont généralement effectués pour traiter le volume défini).
Chaque "tir" détruit un cylindre de tissu mesurant 20 mm de long sur 2 mm de diamètre. La durée du traitement dépend directement du volume de la prostate. Une petite prostate nécessitera environ 250 tirs alors qu'une grosse pourra en nécessiter 700 à 800. Ainsi, le traitement est réalisé sous anesthésie loco-régionale en une seule séance. Il peut durer entre 1 et 3 heures. 

Doctissimo : Quelle est la durée de l'hospitalisation ?
Dr Albert Gelet : La durée d'hospitalisation est très réduite. Le patient arrive la veille du traitement, une préparation digestive (comme pour une coloscopie) est effectuée. Après le traitement proprement dit, une sonde est mise en place. Elle est en général retirée deux jours après la séance et le patient reste une journée de plus en observation. Au total donc, il reste cinq nuits à l'hôpital. Ensuite, nous lui conseillons de revenir consulter deux mois, puis trois ou quatre mois après le traitement. Après ce délai, nous réalisons des biopsies de contrôle qui permettent de confirmer le succès du traitement ou la nécessité d'une nouvelle séance (environ 15 % des patients sont à nouveau traités). 

Doctissimo : Combien de patients ont été traités avec cette technique ? Pour quelles indications ?
Dr Albert Gelet : Au total, 180 hôpitaux à travers le monde ont déjà traité 15 000 patients avec l'Ablatherm. Les indications en Europe sont de quatre types :
  • En première intention pour les patients chez qui la chirurgie n'est pas possible : essentiellement ceux ayant plus de 70 ans ou présentant des maladies associées rendant risquée ou impossible l'opération (grand obèse, insuffisant respiratoire, fragilité cardiaque) ;
  • Pour les "mauvais candidats" à la chirurgie , c'est-à-dire lorsque la maladie prostatique est assez évoluée et que l'opération risque de n'être que partiellement efficace ou lorsque le patient a déjà subi plusieurs interventions prostatiques et qu'une nouvelle opération pourrait s'avérer dangereuse ;
  • Pour les patients refusant la chirurgie, par peur des conséquences. Il sera alors éventuellement possible de recourir à une radiothérapie après le traitement aux ultrasons, plutôt que l'inverse.
  • En cas de récidive locale après traitement par radiothérapie externe (exposition de la région prostatique à des irradiations). L'Ablatherm apparaît comme le seul traitement efficace pour ces patients. En effet, chez 84 % des patients, une absence de progression de la maladie est observée.
Doctissimo : Quels sont les avantages de ce traitement par rapport à la chirurgie (prostatectomie) ou la radiothérapie externe ?
Dr Albert Gelet : Cette technique bénéficie de 9 ans de recul alors que la chirurgie en a plus de 15. Ainsi, nous ne nous plaçons pas en en concurrence avec la prostatectomie mais plutôt avec la radiothérapie externe. Les avantages de cette technique sur la radiothérapie sont principalement de deux ordres :
  • La mesure de l'efficacité du traitement par le taux de PSA (dosage sanguin d'un marqueur de l'activité de la prostate et de l'apparition de cancer) peut être connue dès 3 mois après le traitement, contre 18 mois pour la radiothérapie ;
  • Le traitement est renouvelable. Si une biopsie de contrôle révèle la persistance de tissu cancéreux, il est possible six mois après d'effectuer une nouvelle séance, contrairement à la radiothérapie ;
  • Enfin, concernant les effets secondaires, ils apparaissent dès la fin du traitement, contrairement à ceux de la radiothérapie externe où les complications sont plutôt progressives et retardées.
Doctissimo : Quelles sont ces complications pour la radiothérapie et pour le traitement par ultrasons ?
Dr Albert Gelet : Pour la radiothérapie externe, les complications peuvent être inflammatoires (rectites qui sont un processus inflammatoire de la muqueuse rectale), intestinales, urinaires et sexuelles (impuissance dans 25 à 50 % des cas). Pour le traitement par ultrasons, 10 à 15 % des patients peuvent souffrir d'incontinence urinaire d'effort (il s'agit pour la plupart des patients d'une incontinence de grade 1, c'est-à-dire quelques gouttes d'urine émises à l'occasion de la toux ou d'efforts importants) et près de 60 % peuvent souffrir d'impuissance (mais ce chiffre a été observé chez des patients de plus de 70 ans). Nous sommes en train d'évaluer ce type d'effets secondaires chez des hommes plus jeunes traités par ultrasons. 

Doctissimo : Pouvez-vous nous communiquer les résultats de cette technique ?
Dr Albert Gelet : Une étude multicentrique, réalisée entre 1995 et 2000 sur 402 patients dans 6 sites européens, montre chez 87% des patients traités en première intention une disparition du tissu cancéreux. Une récente publication dans la revue scientifique renommée « Europen Urology » confirme l'efficacité (86,4%) à long terme de l'Albatherm. Dans cette étude multicentrique européenne (3 hôpitaux), le suivi des 140 patients est porté à 9 ans pour certains. 

Doctissimo : Et Albatherm dans le monde ?
Dr Albert Gelet : Ablatherm est disponible dans 25 pays à travers le monde et est notamment très bien représenté en Allemagne, Italie, Angleterrre, où la thérapie est remboursée. Une étude clinique est en cours aux Etats-Unis visant à l'obtention du label FDA qui autorisera la commercialisation de la technologie à l'horizon 2011. 


sources: www.doctissimo.fr 

Un médicament anti-cholestérol efficace contre le cancer de la prostate 2011

La rosuvastatine, vendue au Canada sous le nom de Crestor, semble empêcher la croissance d'une tumeur de la prostate chez les souris, selon l'étude parue dans European Urology, la revue de l'association européenne d'urologie.

Des chercheurs canadiens ont découvert qu'un médicament communément prescrit aux patients atteints d'un taux élevé de cholestérol pouvait aussi être efficace pour traiter le cancer de la prostate, selon une étude publiée ce mois-ci.

La rosuvastatine, vendue au Canada sous le nom de Crestor, semble empêcher la croissance d'une tumeur de la prostate chez les souris, selon l'étude parue dans European Urology, la revue de l'association européenne d'urologie."Nos résultats sont une preuve solide et une bonne raison de commencer des essais cliniques sur l'effet de l'enzyme statine dans le traitement du cancer de la prostate", a déclaré le Dr Xiao-Yan Wen, de l'hôpital St.Michael's de Toronto.

La statine agirait comme un inhibiteur angiogénique, c'est-à-dire qu'elle empêcherait la tumeur de former des vaisseaux sanguins à partir des vaisseaux préexistant pour croître.Le cancer de la prostate touche un Canadien sur sept, et un sur 27 en mourra. Malgré les progrès de la chirurgie, des radiations et de la chimiothérapie, de nombreux patients atteignent des stades avancés de cette affection.

Cancer de la prostate : une nouvelle chimiothérapie 2011

Les formes avancées de cancer de la prostate deviennent rapidement résistantes à la chimiothérapie. Les recherches sur le Taxotère donnent des résultats encourageants, avec l'espoir d'une meilleure prise en charge du traitement du cancer de la prostate, se traduisant par une amélioration de la qualité de vie et des douleurs de ces patients.
Avec 40.000 nouveaux cas par an en France, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l'homme et augmente dans tous les pays industrialisés. Cette dernière constatation est reliée, en partie, à un dépistage de plus en plus actif. Même s'il n'existe pas à ce jour de consensus, l'Association française d'urologie recommande tous les ans à partir de 50 ans, un touché rectal et un dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate).

Comme pour tous les types de cancers, la prise en charge est d'autant plus efficace qu'elle est entreprise précocement. Et plus les tumeurs sont avancées, plus les résistances aux traitements sont importantes. Dans ce domaine, les travaux menés par le CNRS en partenariat avec Rhône Poulenc Rorer, devenu Aventis, sur une molécule dénommée Taxotère (docétaxel), suscitent beaucoup d'espoirs.

Cette étude a été réalisée dans 24 pays sur 1.000 patients âgés de plus de 65 ans et atteints d'un cancer métastasique hormono-résistant. Répartis en deux groupes, certains recevaient du Taxotère, d'autre de la mitoxantrone (chimiothérapie de référence), toujours en association avec de faibles doses de corticoïdes. Les patients traités par la première molécule ont bénéficié d'une bien meilleure amélioration de la qualité de vie et des douleurs. Les résultats sont particulièrement positifs sur les douleurs osseuses. En outre, la durée de vie est allongée (de trois mois en moyenne).

De telles données sont similaires à celles obtenues antérieurement par une autre étude américaine, tant au niveau de la qualité de vie que des douleurs.

Aujourd'hui, l'indication du Taxotère dans les tumeurs de la prostate a été retenue par la Food and Drug Administration. Bientôt, l'Agence européenne du médicament devrait faire de même.

A noter que d'autres molécules de la même famille que le Taxotère, les taxanes, font également preuve d'une certaine efficacité. D'ici quelques années, l'arsenal thérapeutique des tumeurs de la prostate actuellement résistantes aux chimiothérapies, pourrait se composer de plusieurs types de médicament.

Cancer de la prostate 2011 : un médicament prometteur

Un nouveau médicament hormonal, l'acétate d'abiratérone, aurait permis d'obtenir des résultats certes préliminaires, mais intéressants.

Le cancer de la prostate frappe 50 000 hommes de plus par an en France, avec une fréquence qui augmente d'année en année, comme dans tous les pays industrialisés, du fait d'un dépistage qui se généralise et du vieillissement de la population. Le traitement pour les formes très localisées fait appel, selon l'âge, à la chirurgie ou à la radiothérapie, et peut pour les hommes âgés, se limiter parfois à une simple surveillance. Dans certaines formes, un peu plus évoluées ou en cas de contre-indication aux autres thérapies, (20 % des cas diagnostiqués, soit 10 000 patients par an), un traitement antihormonal est instauré.
Le cancer de la prostate est hormono-dépendant, c'est-à-dire qu'il est alimenté par les hormones mâles secrétées principalement par les testicules et à un moindre degré par les glandes surrénales. L'objectif du traitement hormonal est de «couper les vivres» de la tumeur, par inhibition de la production d'androgène. Les principales antihormones disponibles sur le marché bloquent, en agissant au niveau de l'hypophyse et de l'hypothalamus, la production de testostérone. Mais d'autres types de médicaments anti-androgènes sont aussi utilisés. Le problème avec les traitements actuels, c'est que l'inhibition de la sécrétion hormonale est parfois précédée d'un effet rebond, avec une période de surstimulation, et que, de surcroît, ils n'agissent pas toujours sur les androgènes secrétés aussi par les surrénales.

«Une molécule capable de bloquer les hormones mâles»

L'Institut national du cancer en Grande-Bretagne vient de publier dans The Journal of Clinical Oncology les résultats très encourageants, quoique préliminaires, d'un essai clinique de phase 1 obtenu avec une nouvelle molécule anti-androgène, l'acétate d'abiratérone, mise au point par une firme de biotechnologie américaine, Cougar Biotechnology. Ce nouveau médicament a un mécanisme d'action totalement innovant, car il vise pour la première fois à agir dès le début de la chaîne, en empêchant la transformation du cholestérol en androgènes. Il faut savoir en effet, que les hormones mâles sont fabriquées dans l'organisme par transformation du cholestérol, par le biais de différents systèmes enzymatiques, et notamment l'enzyme CYP17. Ce nouveau médicament serait donc capable de bloquer toute la production d'androgènes dans l'organisme, en inhibant de manière sélective l'enzyme CYP17.
L'étude dite de phase 1 publiée cette semaine porte sur 21 patients atteints d'un cancer agressif de la prostate et traités par différentes doses de ce médicament. Les résultats montrent d'abord une très bonne tolérance. Ils font surtout état d'une chute des taux de testostérone, d'androgènes et d'œstradiol chez tous les patients. Le taux de PSA (un marqueur du cancer de la prostate) aurait baissé de plus de 50 % chez la majorité des patients pendant des périodes allant de 69 à 578 jours. Selon les auteurs, pour un nombre important de patients, une régression radiologique de la tumeur a été observée, associée à une amélioration des symptômes et un moindre recours à des médicaments antalgiques.
«Il s'agit effectivement d'une molécule originale qui pourrait avoir un effet de blocage complet des hormones mâles, même si on reste dans le même concept de l'hormonothérapie initié il y a plus de 60 ans. Néanmoins, les données sont encore trop limitées pour connaître les bénéfices réels que l'on pourra obtenir avec ce médicament», affirme le professeur Marc Zerbib (urologue, hôpital Cochin, Paris). Même écho de la part du professeur Guy Vallancien (Institut mutualiste Montsouris, Paris) : «Pour l'instant, il s'agit de résultats très préliminaires, avec peu de recul, sur un nombre limité de personnes. Il ne faut pas que les patients se précipitent chez leur médecin pour réclamer ce médicament qui d'ailleurs n'est pas disponible.» Une nouvelle étude en cours sur 1 200 patients devrait être publiée dans les mois qui viennent.

Deux médicaments pour combattre le cancer de la prostate

Jean-Sébastien Annicotte, chargé de recherche à l'Inserm, et Lluis Fajas, directeur de recherche à l'Inserm, responsable de l'Unité Inserm « Métabolisme et Cancers » et leurs collaborateurs, viennent de mettre en évidence l'effet bénéfique chez la souris de l'association de deux médicaments, actuellement utilisés pour traiter le diabète et l'épilepsie, dans le traitement du cancer de la prostate.
Aujourd'hui on estime en France que 40 000 décès par an seraient liés à un cancer de la prostate. Cette étude devrait ouvrir de nouveaux axes de recherche pour le traitement de cette pathologie, seconde cause de mortalité par cancer chez l'homme. Des essais cliniques sont aujourd'hui à l'étude par Stéphane Culine au Centre régional de lutte contre le cancer de Montpellier.
La prostate est une glande située sous la vessie, à proximité des voies urinaires et génitales. Dans de nombreux cas de cancers de la prostate et notamment pour des stades avancés, les stratégies thérapeutiques hormonales utilisées s'avèrent inefficaces. Il est donc nécessaire d'envisager de nouvelles approches pour le traitement de cette pathologie.
Des études récentes ont mis en évidence qu'un récepteur nucléaire, nommé PPARγ jouait un rôle important dans la prolifération des cellules cancéreuses. Activé par un ligand spécifique, le complexe ligand/récepteur bloque cette multiplication incontrôlée. Par ailleurs, d'autres études de l'équipe ont montré que la capacité de PPARγ à stopper la prolifération des cellules cancéreuse était stimulée par une autre famille de molécule : les inhibiteurs d'histone déacétylase.
Ces deux constats laissent suggérer que PPARγ puisse devenir une cible thérapeutique intéressante. Les chercheurs ont donc testé, chez la souris, un traitement novateur combinant ces deux molécules : un agoniste de PPARγ (c'est à dire une molécule mimant l'action du ligand spécifique) et un inhibiteur d'histone déacétylase.
Et les résultats obtenus sont probants. Non seulement cette association médicamenteuse bloque la progression de la tumeur sur des cancers localisés, mais elle stoppe également le mécanisme d'invasion de la tumeur lors de cancer métastasés. La réalisation d'essais clinique chez l'homme est d'ores et déjà à l'étude. L'utilisation de cette association de médicaments déjà connus dans le traitement du diabète et de l'épilepsie, devrait permettre aux chercheurs de s'affranchir de longues étapes inhérentes à tout essai clinique.
Lluis Fajas a été lauréat du programme Avenir, lancé par l'Inserm pour la première fois en 2001. Avenir est un appel à projets de recherche soutenu par l'Inserm et destiné à financer les travaux scientifiques innovants de jeunes chercheurs titularisés et de post-doctorants (ces étudiants qui ont souhaité après leur thèse compléter leur formation par un stage effectué à l'étranger, pour la plupart, et qui peuvent rencontrer des difficultés à exercer leurs activités de recherche en France). Lluis Fajas dirige aujourd'hui une Unité de recherche Inserm baptisée « Métabolisme et Cancers» au sein du Centre régional de lutte contre le cancer Val d'Aurelle Paul Lamarque à Montpellier. L'Unité participe au projet de création du Centre de Recherche en Cancérologie de Montpellier (CRCM) avec la tutelle de l'Inserm, du CRLC, et de l'Université de Montpellier. Ce nouveaux Centre de Recherche, dirigé par André Pelegrin, a pour vocation, non seulement de mener des recherches fondamentales sur le cancer, mais aussi de faciliter le transfert vers la clinique des résultats obtenus à la paillasse. L'objectif final est de développer de nouvelles thérapies contre le cancer, et de nouveaux outils diagnostics, à partir de la compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement des tumeurs.

Vaincre le cancer de la prostate: chimiothérapie et médicaments

Les médicaments : A un stade plus avancé de cancer de la prostate ou s’il y a récidive, on propose en premier lieu des médicaments agissant sur les hormones masculines et qui permettent de ralentir l'évolution de la maladie. On parle d'hormonothérapie.

En effet, le cancer de la prostate est très souvent hormono-dépendant. En bloquant l'action des hormones masculines (androgènes), on limite le développement des cellules tumorales.

La LH-RH est une hormone secrétée par une petite glande dans le cerveau (l’hypothalamus). On bloque sa production par un médicament qui s’administre par injections intra-musculaires ou sous-cutanées, à quelques semaines d'intervalle.

Une petite part d’hormones mâles est secrétée par les glandes surrénales, aussi des comprimés bloquant ces hormones complètent souvent ce traitement. Pour éviter le risque d'ostéoporose engendré par ce traitement hormonal et pour soulager la douleur, des bisphosphonates ou prochainement des anticorps monoclonaux peuvent être également prescrits.
> La chimiothérapie : Parfois certains cancers de la prostate ne cèdent pas au traitement hormonal, ou alors ils deviennent résistants. C’est ce qui est appelé « résistant à la castration (chimique) », en terme médical. Il est alors possible de se tourner vers une autre solution qu’est la chimiothérapie qui n'est toutefois pas proposée au premier plan dans le traitement de ce cancer.
Une nouvelle chimiothérapie contre le cancer avancé de la prostate est désormais disponible. Ce médicament (le cabazitaxel) en association avec un corticostéroïde, permet pour la première fois une prolongation de la durée de vie des patients qui sont résistants à la première chimiothérapie (docetaxel).
En dehors de la chimiothérapie, d’autres médicaments sont actuellement sur le point d’arriver au stade de la commercialisation : il s’agit de « supers » anti-androgènes (abiratérone et MDV 3100) très prometteurs ou d’autres molécules encore au stade de l’évaluation, comme par exemple, les inhibiteurs de l’endothéline. Ces produits sont actuellement proposés en milieu hospitalier dans le cadre de protocoles d'essais thérapeutiques (à lire aussi l'interview de notre médecin spécialiste).
Enfin, comme c'est souvent le cas en cancérologie, il arrive que plusieurs traitements soient associés : comme la radiothérapie externe + un traitement hormonal.
Par la suite, une surveillance médicale est indispensable. En fonction des spécificités de la tumeur et du traitement, ce suivi sera plus ou moins important. Il se fait surtout par des consultations et des analyses de sang, avec un dosage de PSA.

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