L'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes)
vient d'émettre de nouvelles recommandations sur les critères
d'éligibilité des patients pour que le déroulement des chimiothérapies
anticancéreuses à domicile se fasse dans les mêmes conditions de
sécurité et de qualité qu'à l'hôpital.
L'ensemble des
recommandations a été établi sur la base d'accords professionnels à
l'aide d'une méthode originale permettant d'obtenir et de formaliser les
consensus professionnels. Il existe en effet très peu de preuves
scientifiques établies dans le domaine, précise l'Anaes dans un
communiqué.
Tout d'abord, les experts précisent que ces
chimiothérapies doivent exister sous forme orale ou pouvoir être
administrées par voie parentérale (hors voie sous-cutanée) avec accord
du patient pour la pose d'un dispositif intraveineux de longue durée
(DIVLD).
L'Anaes recommande de pratiquer le premier cycle de
chimiothérapie dans l'établissement de santé auquel est rattaché le
prescripteur et donne une liste de médicaments pour lesquels elle
déconseille l'administration à domicile.
Le deuxième axe de
définition des critères d'éligibilité correspond à l'évaluation du
patient dans le cadre d'un projet thérapeutique établi en cohérence avec
son projet de vie et ses préférences.
Ainsi une chimiothérapie
anticancéreuse peut être entreprise à domicile si un projet
thérapeutique écrit a été élaboré, s'il y a préférence et consentement
du patient pour ce mode de prise en charge, si le patient s'est "ajusté"
à sa maladie, c'est-à-dire s'il ne présente pas de troubles
d'adaptation ou psychologiques sévères, et si le patient et son
entourage ont assimilé les compétences minimales permettant d'assurer la
sécurité de ce traitement, indique le rapport de l'Anaes.
Par
ailleurs, les experts estiment qu'un médecin généraliste, informé des
conditions propres à cette chimiothérapie à domicile, doit participer au
traitement. Afin que cette prise en charge soit complète, ils prônent
également l'intervention d'une structure d'hospitalisation à domicile,
d'un réseau de soins ou d'un infirmier libéral ainsi que la
participation d'un pharmacien, d'une assistante sociale ou d'un
psychologue.
Enfin, le dernier axe de définition des critères
d'éligibilité des patients concerne la mise en oeuvre à domicile de la
chimiothérapie anticancéreuse et la surveillance post-chimiothérapie.
Ces
critères impliquent notamment la continuité et la permanence des soins,
le partage et la circulation de l'information ainsi que la surveillance
du patient tant au niveau des effets indésirables du traitement
(anémie, thrombopénie) qu'aux complications liées à la voie
d'administration, notamment par voie intraveineuse centrale.
L'Anaes
recommande que "les modalités assurant le retour à l'hôpital en cas
d'urgence et la fluidité du changement de prise en charge soient prévues
dès l'élaboration du projet thérapeutique"
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