Un nouveau médicament permet de réduire considérablement les risques de cancer du sein : une des importantes avancées annoncées au Congrès mondial de cancérologie, à Chicago (USA).
Les plus grands spécialistes en cancérologie sont réunis jusqu’au 8 juin, pour la conférence mondiale de American Society of Clinical Oncology), à Chicago, rendez-vous annuel majeur. Des progrès, parfois majeurs, sont annoncés et donnent des raisons d’espérer aux millions de malades. Rien qu’en France, les cancers causent près de 150.000 morts par an.
Cancer du sein : un anti-œstrogène miracle
Chaque année 1,3 million de femmes sont diagnostiquées d’un cancer du sein dans le monde. S’il est le plus fréquent des cancers féminins dans les pays occidentaux, il est aussi l’un des mieux soignés, avec un taux de survie à cinq ans de 85 % en France. Reste que cette maladie entraîne la mort de près de 50.000 femmes par an. Voici un nouvel espoir : l’Aromasine, un médicament qui empêche la production d’œstrogènes (laboratoire Pfizer), réduit de 65 % le risque de cancer du sein ou de récurrence chez les femmes ménopausées. C’est le résultat encourageant d’une vaste étude menée de 2002 à 2010 sur 4.560 femmes ménopausées aux Etats-Unis, au Canada et en France, par l’équipe du Pr Paul Goss, professeur à Harvard.
Ces femmes saines présentaient au moins un risque de cancer du sein ou de récurrence : elles étaient par exemple âgées de plus de 60 ans ou avaient déjà été soignées d’une tumeur. Chez celles qui ont ingéré de l’Aromasine mais ont tout de même développé un cancer pendant l’essai, les tumeurs étaient de plus petite taille, et les cancers les plus agressifs moins nombreux. En termes de santé publique, l’enjeu de ces résultats est de taille. « Non seulement notre étude montre une réduction impressionnante du risque de cancer du sein mais aussi d’excellents résultats concernant les effets secondaires », se réjouit le Pr Goss.
La radiologie des ganglions contre la récidive
Chez les femmes ayant subi une intervention chirurgicale pour extraire une tumeur précoce du sein, un traitement radiologique des ganglions lymphatiques (situés sous les bras) allonge de plus de 30 % la durée de survie sans réapparition du cancer. Ce résultat provisoire, issu d’une étude menée par le Dr Timothy Whelan de la faculté McMaster au Canada, pourrait généraliser une pratique « anti-récidive », jusqu’ici réservée aux patientes considérées comme à haut risque de récurrence : celles qui présentent plus de trois ganglions axillaires ou une tumeur de plus de 5 cm.
Mélanome : énorme espoir avec la thérapie génique
Une « énorme avancée ». C’est ainsi que le Dr Paul Chapman, du centre du cancer Memorial Sloan-Kettering à New York, qualifie les résultats d’une étude très attendue portant sur un traitement du cancer de la peau. L’objectif de cette thérapie expérimentale : cibler et neutraliser un gène dont la mutation est liée à la moitié des mélanomes avancés. Chez un grand nombre des 675 malades auxquels il a été administré, le traitement par Vemurafenib (laboratoire Roche) a réduit la taille de la tumeur. Le risque de décès a, en outre, chuté de 63 % par rapport aux résultats obtenus avec une chimiothérapie classique. Deux progrès de taille, car jusqu’à présent il n’existait aucun traitement efficace une fois que ce cancer était généralisé. Ainsi, ce traitement « pourrait devenir l’une des deux seules thérapies permettant de prolonger la survie de patients atteints d’un mélanome avancé », selon le chercheur.
Cancer du poumon : allonger la survie
Peut-on améliorer la survie dans le cancer du poumon, le plus mortel chez l’homme, le troisième plus dangereux chez la femme ? Le laboratoire Roche a présenté les résultats d’un essai mené sur des patients atteints d’une forme avancée, dite « cancer du poumon non à petites cellules », qui touche 10 % des malades. Ces 1.275 patients ont reçu en première intention du Tarceva (erlotinib). Selon ces résultats, le traitement – par rapport à une chimiothérapie standard – a presque doublé leur temps de survie sans progression de la maladie et a réduit de 63 % le risque de progression.
Cancer de la prostate : un vaccin futuriste
Il ne s’agit pour l’heure que d’une étude exploratoire, mais elle pourrait augmenter de façon significative la durée de vie des patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique. Les chercheurs du Kimmel Cancer Center de Philadelphie ont injecté à des malades un « vaccin » réalisé à partir de leurs propres cellules immunitaires congelées, prélevées avant la progression de la maladie. Selon les premiers résultats, les patients qui ont reçu ce traitement ont prolongé leur survie de 10 mois de plus que les autres, affichant une survie médiane de 20 mois, contre 9,8 mois.
J. D.
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