Chaque année en France, plus de 4 000 personnes apprennent qu’elles sont porteuses d’une tumeur cérébrale. Selon l’Institut de veille sanitaire, le taux de mortalité associé à ce type de lésion aurait amorcé une légère diminution depuis quelques années. Toutefois, lestumeurs du cerveau entraînent encore le décès de près de 3 000 patients par an. De nombreuses recherches en cours donnent cependant l’espoir de voir ce chiffre diminuer.
La révolution de la chirurgie éveillée.
La chirurgie reste aujourd’hui le traitement de référence des tumeurs cérébrales et les techniques utilisées ne cessent de s’améliorer : les neurochirurgiens travaillent continuellement à la mise au point de stratégies et d’outils visant à optimiser l’efficacité des interventions, tout en limitant leurs séquelles éventuelles.
Ainsi, le traitement des tumeurs cérébrales les moins agressives (les gliomes de basgrade) est en train de vivre une petite révolution grâce au développement de la chirurgie éveillée : en opérant un patient conscient, il est possible de vérifier que l’intervention ne porte pas atteinte à des fonctions telles que la parole, la vue ou la motricité. Dès lors, le chirurgien peut s’attaquer à des zones de la tumeur qui sont proches du tissu cérébral sain et retirer ainsi beaucoup plus de cellules tumorales qu’autrefois. S’il est encore imprudent de parler de guérison, il est devenu possible d’obtenir des rémissions très prolongées, avec une meilleure qualité de vie, grâce à cette technique.
Vers les thérapies ciblées.
Pour les tumeurs plus agressives, la chirurgie n’est pas suffisante. Leur traitement repose le plus souvent sur la radiothérapie. Mais récemment, l’arrivée d’une nouvelle molécule de chimiothérapie a modifié la prise en charge des tumeurs les plus dangereuses, les glioblastomes : cette molécule, le témozolomide, semble en effet permettre de multiplier par deux l’espérance de vie à deux ans d’une partie des patients porteurs de ce type de lésion.
Et les progrès de cet ordre ne font que commencer. La moitié des glioblastomes récidivants semblent répondre au bévacizumab, une molécule de thérapie ciblée qui agit en affamant les tumeurs. L’efficacité du traitement est souvent transitoire et modeste en termes d’espérance de vie. Mais ce résultat ouvre une brèche : il existe déjà énormément de molécules de thérapie ciblée, utilisées dans le traitement d’autres cancers. Il faut encourager les essais cliniques visant à évaluer leurs utilisations dans le traitement des tumeurs cérébrales. C’est une chance supplémentaire pour les patients et c’est le seul moyen de découvrir de nouveaux traitements efficaces.
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