Le glioblastome : un cancer du cerveau de mauvais pronostic
Les glioblastomes multiformes (GBM) sont parmi les tumeurs cérébrales les plus agressives et les plus fréquentes chez l'adulte. Bien que relativement rare (3 à 5 nouveaux cas pour 100 000 personnes chaque année en France), cette tumeur est responsable d’environ 2% des décès par cancer en France.
La prise en charge de ces cancers consiste, chaque fois que possible, en une ablation chirurgicale de la tumeur, suivie d'une radiothérapie et d’une chimiothérapie. Mais cela reste des cancers dont l'issue est généralement fatale. La médiane de survie des patients ne dépasse pas 12 mois. Le constat d’échec dressé devant la faible efficacité des traitements proposés souligne la nécessité de rechercher de nouvelles approches thérapeutiques pour ces cancers.
Le projet de recherche soutenu par l’ARC
Une révolution conceptuelle récente dans le traitement du cancer consiste à cibler à la fois la tumeur et les vaisseaux sanguins qui irriguent cette tumeur. En effet, la formation de ces nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants favorise la croissance de la tumeur. De nombreux facteurs sont à l’origine de cette vascularisation, appelée angiogenèse tumorale. L’un d’eux est le manque d’oxygène dans la cellule (hypoxie). L'objectif du projet est de pouvoir bloquer ce facteur à l’origine de la création de nouveaux vaisseaux sanguins afin d’améliorer le traitement des cancers du cerveau.
L’équipe s’intéresse à deux molécules en quantité anormalement élevée dans les cas d’hypoxie : le VEGF (vascular endothelial growth factor) et l’EPO (érythropoïétine). Le projet de recherche vise à les cibler conjointement et à bloquer leur action dans le développement de la tumeur.
Trouver de nouveaux traitements pour améliorer la survie des patients
Ce projet de recherche préclinique devrait montrer que le ciblage de ces 2 molécules, en combinaison avec la chimiothérapie conventionnelle et/ou la radiothérapie, devrait permettre d'obtenir une meilleure efficacité pour combattre les tumeurs du cerveau, en particulier les glioblastomes multiformes.
L’enjeu des études réalisées par l’équipe de Myriam Bernaudin est le passage, à moyen terme, aux essais cliniques sur les patients dans la perspective de proposer de nouveaux traitements aux personnes atteintes de tumeurs cérébrales et d’améliorer leur survie.
Ce que permet le soutien de l’ARC
La subvention attribuée par l’ARC pour ce projet s’élève à 50 000 € pour deux ans. Ce financement permettra l’achat de petits équipements. Cette aide servira aussi à couvrir les « frais de fonctionnement », c'est-à-dire l’achat de réactifs biologiques qui permettent de réaliser les expériences de laboratoire (réactifs pour la culture de cellules cancéreuses, anticorps, réactifs pour PCR…) et les frais liés à l’utilisation de la plateforme technologique Cyceron.
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