Cancer bronchique

14.1.12

Le cancer est
la première cause de mortalité chez l'homme ; il représente 30 % des décès chez l'homme tous âges confondus et 46 % des décès entre 55 et 65 ans ;
la deuxième cause de mortalité chez la femme après les maladies cardio-vasculaires ; il représente 20 % des décès chez la femme tous âges et 50% des décès entre 50 et 65 ans.
Le cancer bronchique est
le cancer le plus fréquent chez l'homme ;
le troisième cancer chez la femme.
La mortalité par cancer bronchique est 5 fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes.
A l'échelle de l'ensemble des malades atteints de cancer bronchique, on constate une absence d'amélioration des courbes de survie, chez l'homme comme chez la femme, sur les 25 dernières années malgré la multiplicité des traitements et des stratégies développés (médiane de survie : environ 10 mois ; survie à 5 ans : entre 11 % et 13 % selon les statistiques).
Liés à l'environnement
  Le tabac est le facteur de risque essentiel, surtout pour les cancers bronchiques à petites cellules qui lui sont presqu'exclusivement liés.
Le pronostic des non-fumeurs atteints de cancer bronchique est moins mauvais que celui des fumeurs.
  Autres causes
     professionnelles réparation au titre de maladie professionnelle (8 expositions)
- rayonnements ionisants dont radon (tableau 6)
- acide chromique (tableau 10 ter)
- houille (tableau 16 bis)
- arsenic (tableau 20 bis)
- amiante (tableaux 30 et 30 bis)
- nickel (tableau 37 ter)
- oxyde de fer (tableau 34 bis)
- bischlorométhyl éther (tableau 81)
     non professionnelles
- radiations ionisantes naturelles : radon (risque relatif discuté)
- pollution atmosphérique : difficile à évaluer
Liés à l'hôte
Environ 11 % des fumeurs développent un cancer bronchique.
Les études épidémiologiques ont montré qu'un fumeur moyen avait environ 14 fois plus de risque d'avoir un cancer bronchique dont 2,5 fois plus attribuables à des antécédents familiaux de cancer bronchiques.
Les enzymes impliqués dans le métabolisme des carcinogènes du tabac, et susceptibles d'être modifiés, incluent la famille glutathion-S-transférase et les enzymes du cytochrome p450. 

III/ Sur le plan opérationnel
Primaire : elle porte sur le tabac ; c'est certainement la méthode la plus efficace, mais aussi la plus difficile à mettre en œuvre.
Chimique : elle vise à faire revenir en arrière, supprimer ou prévenir la carcinogénèse ; elle pourrait être envisagée dans le contexte d'une détection précoce.
En pratique, de nombreux produits ont été utilisés (vitamine A, rétinoïdes) sans grand succès ; il est même possible que la supplémentation en béta-carotène augmente le risque de cancer bronchique (Albanes, 1996).
L'effet protecteur potentiel des statines est actuellement sujet de débat (Bonovas, 2006 ; Khurana, 2007).

1/ Toute symptomatologie thoracique persistante ou résistante au traitement chez un patient fumeur ou ancien fumeur doit faire évoquer le diagnostic de cancer broncho-pulmonaire.
2/ Un cancer du poumon peut aussi se manifester par une symptomatologie extrapulmonaire liée notamment à une métastase ou un syndrome paranéoplasique.
3/ Une suspicion de cancer broncho-pulmonaire doit faire pratiquer une radiographie du thorax (face et profil).
4/ Le pronostic de la maladie est corrélé à la rapidité de la prise en charge thérapeutique et pour les cancers non à petites cellules à l’opérabilité de la tumeur ou non. Une imagerie suspecte doit faire demander sans retard une consultation spécialisée, d’autant plus si elle est associée à un examen clinique évocateur.
5/ Un scanner thoraco-abdominal doit être systématiquement effectué devant une image pulmonaire suspecte ou persistante après traitement antibiotique probabiliste ou devant l’aggravation de manifestations cliniques respiratoires ou générales.
6/ Une exposition à des facteurs de risque de cancer broncho-pulmonaire, en particulier un tabagisme (actif ou passif) et une exposition antérieure à des produits toxiques (notamment amiante, arsenic, nickel, cobalt, chrome, radon…) doit être systématiquement recherchée. Si l’origine professionnelle de la maladie est suspectée, elle doit faire l’objet d’une déclaration particulière selon la procédure en vigueur.
7/ Le diagnostic de cancer broncho-pulmonaire est anatomopathologique et repose en première intention sur l’analyse de biopsies réalisées lors d’une fibroscopie bronchique.

8/ Le choix des modalités thérapeutiques d’un cancer broncho-pulmonaire est guidé par son type histologique : cancer non à petites cellules (CNPC) ou cancer à petites cellules (CPC), l’extension de la maladie et les comorbidités du patient. La participation à des essais thérapeutiques doit être encouragée.
9/ Pour les CNPC :
- La chirurgie constitue la seule option curative des cancers non à petites cellules et justifie d’une prise en charge par une équipe spécialisée sans délais devant toute suspicion de cancer du poumon. Elle constitue le traitement de référence lorsque le stade et l’état du patient le permettent ;
- Pour les stades avancés, le traitement de la tumeur et des métastases repose sur une chimiothérapie +/- radiothérapie.
10/ Pour les CPC :
- Le traitement des stades limités repose sur la radio-chimiothérapie, systématiquement suivie d’une irradiation prophylactique cérébrale en cas de réponse complète au traitement initial ;
- Les stades diffus avec métastases relèvent d’une chimiothérapie.
11/ Il importe d’offrir les soins de support appropriés pour le maintien d’une qualité de vie.
12/ Le suivi clinique et radiologique selon une périodicité qui reste à valider doit permettre de dépister une éventuelle récidive pulmonaire ou l’apparition d’un autre cancer relié aux mêmes facteurs de risque (en particulier vessie, rein, ORL) ou encore, une localisation nouvelle au même organe.
13/ Il n’existe pas d’indication pour le dosage de marqueurs tumoraux sériques, que ce soit pour le dépistage, à visée diagnostique ou pour le suivi.


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