Cancer de la prostate : un nouveau traitement 2011

27.5.11

Avec 40 000 cas en 2000, le cancer de la prostate est par sa fréquence le premier cancer chez l’homme. A l’origine de plus de 10 000 décès par an, il se situe au deuxième rang derrière le cancer du poumon et devant le cancer colorectal. Au delà de 70 ans, il constitue même le premier motif de décès par cancer. L'allongement de l'espérance de vie devrait augmenter de façon sensible ce risque et en faire un véritable problème de santé publique dans les années à venir. Cependant, cette tumeur a bénéficié d’importants progrès thérapeutiques.
Tout bénéfice
Un traitement curatif ne peut être proposé que si la maladie est détectée tôt, par le biais du toucher rectal et du dosage de l'Antigène Prostatique Spécifique (PSA). En cas de cancer strictement confiné à la prostate, les thérapeutiques classiques sont la chirurgie d’exérèse ou la radiothérapie. Mais la prostate est un organe "carrefour" des voies urinaires et génitales. Un traitement dit "agressif" peut générer des séquelles et nuire durablement à la qualité de vie du patient, tout en n’offrant pas de certitude de guérison définitive.
Le service d'Urologie du CHU de Caen a donc toujours privilégié les options non chirurgicales et a été attentif aux premiers essais relatifs à une nouvelle approche thérapeutique : le traitement par Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (UFHI). Le principe de fonctionnement repose sur la destruction de la prostate par ondes de chaleur (80-90°). Le repérage est effectué au millimètre près, par échographie trans-rectale couplée au générateur d'ondes.
Plusieurs milliers de patients, en France et en Europe, ont déjà été soignés par cette technique confirmant les résultats initiaux. Le taux d’effets secondaires est en effet, très inférieur aux traitements classiques et l'efficacité comparable. Les complications digestives disparaissent, les fuites urinaires et les troubles de l’érection diminuent. Il s’agit aussi d’un traitement beaucoup plus confortable pour le patient qui nécessite une hospitalisation de 3 à 5 jours, avec une reprise quasi-immédiate des activités.
Dès validation des résultats et homologation de l'Ablatherm, le service d'Urologie a engagé une procédure d'acquisition avec le soutien de la Direction Générale et du Président de la CME. En juin 2002, cet appareil a été implanté au bloc opératoire du niveau 5 de l'hôpital Côte de Nacre. Le CHU de Caen est donc le premier CHU français à s’en être doté.
Au cas par cas
Après 15 mois de fonctionnement, 111 traitements ont été effectués sur 104 patients. Compte tenu du caractère innovant et récent de cette technique, elle est réservée aux patients de 65-75 ans, pour lesquels la chirurgie n'a pas été retenue. Certains patients de 50-55 ans sont, aussi, très demandeurs car le risque de séquelles sexuelles est moins élevé. Ils sont alors informés sur l'absence de données à long terme. Enfin, cette technique est proposée aux patients pour lesquels la chirurgie ou la radiothérapie a échoué. Elle est discutée au cas par cas, au sein de l'unité de concertation pluridisciplinaire d'Onco-Urologie regroupant des urologues de la région et des cancérologues du Centre François Baclesse.
De plus en plus de patients du grand Ouest sollicitent le CHU de Caen pour un traitement par ultrasons focalisés. Seuls trois villes en France disposent à demeure d'un Ablatherm : Paris, Marseille et Lyon.

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